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Contact

Nora Rupp

ch. des Ramiers 22

1009 Pully

Suisse


contact@norarupp.com
+41 (0) 76 520 91 38

About

Nora Rupp (CH, 1981) lives and works in Lausanne. She studied photography at the School of Applied Arts in Vevey. Since 2010, she is the museum photographer of the Musée des Beaux-Arts in Lausanne. At the same time, she develops and exhibits several artistic projects, such as Sentier Battu, Ako and Henro, in different towns (Paris, Lausanne, Nyon, Assens), and she continues her self-portrait work which she started in 2001.

Presse "Un corps à soi"

Personnal exhibition

2021

  • Un coprs à soi. Autoportraits d'une femme, Lausanne, suisse

2009

  • Sentier Battu, La Focale, Nyon, Switzerland

Collective exhibitions

2010

  • NEAR — Helvétie, projection pour les 25 ans du Musée de l’Élysée, Lausanne, Switzerland

2011

  • Circulation(s), Festival de la jeune photographie européenne, Paris, France

2013

  • Hétérotopies, Espace culturel Assens, Assens, Switzerland

Professional experiences

2010 –

  • MCBA, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
    Photograph

2009

  • Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC), Genève
    IFRC 90th Anniversary Co-curator

2008

  • Manufacture, Haute École de Théâtre de Suisse Romande, Lausanne
    Reportage of the performances

2007 

  • Musée International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève
    Photograph for the museum collection
  • Musée Olympique, Lausanne
    Photograph for the museum collection

Impressum

All images © Nora Rupp
Design: Aurèle Sack
Code: Romain Cazier
Typeface: LL Grey/Lineto
© 2021 Nora Rupp. All rights reserved.

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Un corps à soi

 

" Un coprs à soi. Autoportraits d'une femme "                            

 (English lower)

                 

À l’aube de ses quarante ans, la photographe Nora Rupp se saisit du projet d’exposer pour la première fois vingt années d’autoportraits. Le titre de l’exposition, Un corps à soi, s’inspire de l’essai de Virginia Woolf Une chambre à soi (1929) qui abordait la place restreinte des artistes femmes dans l’histoire et qui tirait cette conclusion: pour pouvoir accéder à l’éducation, à la production et au succès, une artiste doit au moins disposer d’un peu d’argent et d’un lieu à elle, car être artiste c’est être tout·e à soi.

Aujourd’hui, les mêmes enjeux accompagnent le quotidien des femmes: qu’en est-il de notre corps, nos pensées, notre argent, notre travail, notre rôle et notre image? C’est l’autoportrait qui permet alors à Nora Rupp d’observer ses propres contradictions et de déconstruire les injonctions qui lui sont faites, telles que les apprêts quotidiens du corps et le devoir de séduction, le travail domestique, la maternité et le soin apporté aux autres. Et puis il y a nos hexis corporelles aussi: les règles qui régissent nos gestes et nos postures, jusqu’à notre habillement et notre coiffure, en fonction de la ou les places que nous occupons: comment se tient-on, parle-t-on, marche-t-on, se sent-on, et (se) pense-t-on dans l’espace public, chez soi, à son travail, seule ou en présence d’un homme ou d’une femme? Quelles sont nos manières d’être au monde, quelles sont leurs origines et quelles en sont les conséquences?… Au fil des années la fabrique des images, d’abord argentiques et inspirées par Cindy Sherman, s’autonomise et devient cathartique: à des moments charnières de sa vie — l’expérience d’un voyage, de la maternité, ou encore celle du confinement — l’artiste donne vie à de nouveaux personnages immergés dans des espaces souvent intérieurs, dont le décorum emprunte les codes d’époques, de contextes et de registres multiples.

Et puis il y a la rupture: en 2019, l’artiste est victime d’un accident aux ondes de choc inouïes: une attaque cérébrale qui, à terme, brisera l’identité qu’elle s’était construite. Après d’intenses douleurs physiques et psychologiques, son incapacité nouvelle à continuer d’assumer ses multiples rôles professionnels et privés, les pertes de repères ainsi que les discriminations subies l’amènent à une transformation ou un éveil intérieur radical, à une vitesse et avec une intensité déconcertantes. Bas les masques! Une mue qui révèlera à la fois la dimension militante et féministe de son travail, accompagnée d’une expérience nouvelle: celle de la sororité venue de l’envie et du besoin de faire aussi partie d’une communauté de femmes, toutes générations confondues. Cette dimension apparaît ici, notamment a travers la contribution du collectif Néo-Martine (anciennement collectif Saint-Martin) qui accueille ce projet dans ses lieux, et majoritairement de ces femmes — mais pas que! — qui ont conçu tous·x·tes ensemble la riche programmation des événements autour de l’exposition qui, de manière organique, a pris la forme d’un festival féministe et inclusif miniature, à l’attention de tous les publics.

Clotilde Wuthrich

 

A Body of One's Own, self-portraits of a woman                                                      

On the eve of her fortieth birthday, photographer Nora Rupp took on the project of exhibiting for the first time twenty years of self-portraits. The title of the exhibition, A Body of One's Own, is inspired by Virginia Woolf's essay A Room of One's Own (1929), which addresses the limited place of women artists in history and draws the following conclusion: in order to be educated, produced and successful, an artist must at least have some money and a place of her own, because to be an artist is to be all one's own.
Today, the same issues accompany the daily life of women: what about our body, our thoughts, our money, our work, our role and our image? It is self-portrait that allows Nora Rupp to observe her own contradictions and to deconstruct the injunctions that are made against her, such as the daily dressing of the body and the duty of seduction, domestic work, motherhood and care for others. And then there are our bodily hexis as well: the rules that govern our gestures and postures, even our clothing and hairstyle, according to the place or places we occupy: how do we stand, speak, walk, feel, and think (ourselves) in the public space, at home, at work, alone or in the presence of a man or a woman? What are our ways of being in the world, what are their origins and what are the consequences?  Over the years, the production of images, initially on analog photography and inspired by Cindy Sherman, has become autonomous and cathartic: at pivotal moments in her life - the experience of a journey, of motherhood, or of confinement - the artist gives life to new characters immersed in spaces that are often interior, whose decorum borrows the codes of multiple eras, contexts and registers.
And then there is the rupture: in 2019, the artist is the victim of an accident with unheard-of shock waves: a stroke that will ultimately shatter the identity she had built for herself. After intense physical and psychological pain, her new inability to continue to assume her multiple professional and private roles, the loss of reference points as well as the discrimination she suffers, lead her to a transformation or a radical inner awakening, at a disconcerting speed and intensity. Down with the masks! A change that will reveal both the militant and feminist dimension of her work, accompanied by a new experience: that of sorority coming from the desire and the need to be part of a community of women, all generations included. This dimension appears here in particular through the contribution of the collective Néo-Martine (formerly collective Saint-Martin) which welcomes this project on its premises, and mainly of its women - but not only! - who conceived together the rich program of events around the exhibition, which organically took the form of a miniature feminist and inclusive festival, for all audiences.

 

Exposition - Un corps à soi. Autoportraits d'une femme - Lausanne, Suisse, 2021

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